Le moment pour nous de travailler

Assez visité (assez glandé diront certains 😉), il est maintenant le temps pour nous de travailler…. Nous avons en effet prévu de travailler 3-4 mois en Australie. L’idée étant d’avoir une experience et surtout de financer le reste de notre voyage. Toujours un peu compliqué le moment où on se pose et on se dit : « bon ok il faut qu’on travaille », « mais dans quoi ? » « quoi faire ? », « 3 mois c’est très court pour se lancer dans notre domaine (marketing et business analyst) », “ok, on va alors tenter les bars, les magasins, …”. Donc c’est partit, on se lance dans la rédactions de nos CV.  Jusque là ça va. Ensuite arrive l’étape qui a été la plus compliqué pour nous : le demarchage. Allez deposer ses CV au porte à porte des boutiques et des bars… Nous avons fait tout Brisbane et n’avons eu aucune réponse. Forcement, on s’adresse à la ville la plus chaude et tendance du moment. Le beau temps réunit tous les backpackers au nord de l’Australie. Ce qui rend la recherche de travaille plus compliqué.
Après 7 jours de recherche sans succès, nous décidons de louer une voiture et de partir dans les fermes pour faire du Picking (le job connu en Australie). Et c’est après 3 jours de porte à porte, qu’on trouve notre Job : Strawberry Pickers ! (“Ramasseurs de fraises” -> ca sonne beaucoup mieux en anglais 😉).
On arrive et on est accueillit dans une maison ! Magique ! Enfin une maison pour nous, une chambre (avec des matelas gonflables certes) mais une armoire, une salle de bain, une cuisine, un jardin, …. Un endroit fixe ou l’on peut faire des courses sans penser à ne rien acheter de lourd et d’encombrant pour les sacs à dos. Ca ne nous était pas arrivé depuis 8 mois. Et ça fait du bien.
 
L’inconvénient c’est que nous avons été embauché par une société chinoise qui embauche des japonais et des chinois en grande majorité. Nous sommes les seuls européens dans cette maison de japonais et nous sommes pratiquement les seuls parmis les 130 pickers. Mais on a un travail ! On est contents.
 
Lendemain, on commence notre premier jour de travail. Reveil à 5h, on arrive sur le champ à 6h, on observe une 40 aine d’asiatiques s’installer et se mettre au travail. Bon, pas besoin d’un BAc + 12 pour ramasser des fraises (même si on a été étonnés de devoir donner des CV ainsi que de justifier d’une expérience lorsqu’on a demarché certaines fermes). 
 
Comment se passe une journée de travail pour un strawberry picker 😝 ? C’est simple, on a à disposition un chariot que l’on appel un trolley, sur lequel il y a une chaise. Le principe est d’enmener le chariot sur chacune des allées, de s’assoir sur la chaise, de le faire rouler afin de ramasser les fraises une par une.  Le plus fatiguant est de déplacer ce chariot (qui pèse une tonne) entre deux allées. Bien sûr, on est payé au rendement c’est à dire 3,50 $ le trail (un panier de 3 kilos).
 
Autant vous dire qu’il faut aller vite et que c’est la guerre ! Forcement, les asiats se déchaînent et s’ils passent avant toi, te piquent les fraises de ta rangée. A la fin de chaque journée, le manager envoie le classement des pickers pour motiver les troupes. On se retrouve alors au millieu d’une espèce de compétition les uns par rapport aux autres. Mais en ce donnant du mal, on ne quitte plus le trio de tête 😛.
 
 
Pour cette première journée, nous avons encaissé 140$ chacun et avons travaillé de 6h à 14h, plutot pas mal pour un début. Les journées suivantes sont un peu plus simples, car on connait les techniques, on sait manipuler le trolley et on perd moins de temps donc on ramasse plus de fraises, ce qui nous fait plus de sous.
Honnêtement, il faut se l’avouer c’est un taff de merde. Mais on est au soleil, et on rigole beaucoup avec mich. Surtout quand on se rend compte qu’à la fin de notre journée, au lieu de parler marketing comme avant, on parle « fraises » pendant des heures… 😄
 
La ferme se trouve à 40 minutes de Brisbane, sur la Sunshine Coast. Nous avons donc acheté notre bolide qu’on a nommé « Rex » (super 4×4 Pajero) et on profite de nos Day off (jour de repos) pour se balader sur la côte et amirer les étendues de plage à perte de vue. 
 
Quand le picking vire à l’exploitation …. 
 
Après plus d’un mois de travail dans cette ferme, il s’avère que nous travaillons que 1 jour sur 3. On relance le boss pour savoir pourquoi on travail si peu et lui rappelle que c’est loin d’etre assez pour nous. Celui-ci nous repète (comme toutes les semaines) que ce manque de fraises (et donc de travail) vient du fait que le temps n’est pas celui attendu et que cela ira mieux d’ici deux semaines….
 
Nous comprenons ensuite après déduction que le vrai business de cette société est de louer des acommodations.
Petite explication du Principe des fermes en australie : 
Les fermiers (pas tous mais beaucoup) font appel à des « contracteurs » pour trouver de la main d’oeuvre saisonière. Ces derniers leur permette de déléguer le recrutement, les contrats, la gestion des employés et la saisonnalité. On en déduit que le contratcteur doit se faire une très faible marge sur le fruit pmicking mais trouve un autre moyen assez rentable de gagner sa vie : les accomodation. Il loue plusieurs logements, entasse plusieurs travailleurs dedans et marge sur le loyer. Et surtout, s’arrange pour te faire travailler juste ce qu’il faut pour que tu puisses payer le loyer. Voila comment nous nous sommes donc retrouvé dans une ferme de fraises à se faire arnaquer en travaillant qu’un jour sur trois…

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